Travail Domestique Non Rémunéré au Togo : vers l’élaboration d’une feuille de route !

La valorisation du Travail Domestique Non Rémunéré (TDNR) mobilise de plus en plus les acteurs de la société civile ainsi que les institutions étatiques. Des initiatives sont entreprises en vue de l’élaboration d’une feuille de route nationale et de recommandations à l’endroit des autorités. L’information a été rapportée par l’agence de presse Afreepress.
Selon les données recueillies, le Togo souhaite œuvrer pour l’intégration du Travail Domestique Non Rémunéré dans les politiques nationales, en cohérence avec la cible 5.4 des Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’Agenda 2030.

Sénatrice Kadjaka Abougnima Molgah
Le Travail Domestique Non Rémunéré au cœur d’une rencontre
La sénatrice Kadjaka Abougnima Molgah a présidé, le vendredi 22 août 2025 à Lomé, les travaux consacrés au Travail Domestique Non Rémunéré et à l’économie des soins au Togo.
Cette rencontre a été initiée par le Centre de Recherche en Économie Générationnelle (CREG), en partenariat avec l’ONG Aide et Action à la Veuve, l’Orphelin et à l’Enfant Déshérité (AAVOED) et le Population Reference Bureau (PRB).
Outre l’élaboration de la feuille de route nationale, les discussions ont porté sur la nécessité de mener un plaidoyer politique en faveur de la reconnaissance du Travail Domestique Non Rémunéré comme une activité productive à part entière.
Ont pris part aux travaux des parlementaires, des membres du gouvernement, des chercheurs, des représentants de la société civile ainsi que des professionnels des médias.
Pour la présidente de l’AAVOED, Kadjaka Abougnima Molgah, le Travail Domestique Non Rémunéré est « un patrimoine invisible mais vital qui ne peut plus être ignoré ». Elle a poursuivi en déclarant :« Le reconnaître et le valoriser, c’est investir dans la justice sociale, l’égalité des sexes et la prospérité nationale. »
De la nécessité de profondes réformes
Les activités relevant du Travail Domestique Non Rémunéré comprennent entre autres la cuisine, le ménage, la garde des enfants ou encore l’accompagnement des personnes âgées. Pourtant, ces tâches essentielles au fonctionnement du foyer restent exclues des indicateurs économiques tels que le Produit Intérieur Brut (PIB).
Le Dr Camille Guidime, économiste et enseignant-chercheur à l’Université Parker/CREG, estime que près de 40 % du travail domestique réalisé au Togo relève de cette catégorie invisible et non rémunérée. « Ce travail participe à la cohésion sociale, au capital humain et donc au développement. Il est temps de l’intégrer dans la comptabilité nationale », a-t-il insisté.

Mme Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson
Représentant l’Assemblée nationale, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson a souligné l’urgence de transformer la perception du « travail de la femme au foyer » en une contribution reconnue et protégée économiquement, socialement et juridiquement.
De son côté, le sénateur Sessenou Kwadjo a plaidé pour une réforme juridique et financière. « La société doit reconnaître ce travail comme une activité digne de rémunération. C’est au gouvernement de créer les cadres légaux et budgétaires appropriés », a-t-il déclaré.
En définitive, l’adoption de budgets sensibles au genre permettra de rapprocher les services sociaux des ménages et de réduire la charge des femmes, afin de leur offrir plus de possibilités de s’investir dans d’autres activités économiques.
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La Rédaction









